Aux Temples d’Angkor, les touristes Chinois sont omniprésents et doivent bien représenter 75% de l’ensemble des visiteurs sur le site.
Ils sont facilement reconnaissables. Ils se prennent en photo partout. Partout, cela veut dire partout, devant une sculpture, à l’entrée d’un temple, dans une embrasure de porte, dans un cadre de fenêtres, dans le tuk-tuk, au salon de massage.
Bref le touriste Chinois est merveilleusement fier d’être là et les tonitruantes vocalises dont il abreuve très régulièrement tout un chacun en sont le témoin.
Pourtant, il y a quelque chose de très étrange ici chez le touriste Chinois, c’est qu’il semble représenter un peuple composé uniquement de deux générations, la moins de vingt cinq ans et la plus de soixante dix ans. La premiére est enjouée, colorée, heureuse, ses pas vont de la terre au ciel comme sur les marèles de notre enfance. Ils passent d’une pierre à l’autre par de petits sauts aériens, s’arrêtent, se regardent, se prennent en photo et repartent.
L’autre génération semble ne jamais avoir quitté les pas de Mao. Ils avancent en ligne, impassibles, inéxorablement de l’entrée d’un temple à sa sortie. Ils engloutissent le trajet imposé méthodiquement, ne s’arrêtant que rarement.
Etre là semble être le principal pour eux, être enfin sorti de leur pays leur donne alors le droit de ses nombreux cris de victoire réguliers.
Qu’il soit de l’ancienne génération ou de la nouvelle, il y a chez le touriste Chinois queque chose à nul autre touriste pareil !
La joie de la liberté probablement longtemps espérée…